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Une pédagogie de la compétence pour développer de bons B2 au Canada

 

Bonjour tout le monde, bien heureux d’être votre blogueur du mois de janvier en cette nouvelle année 2014. Pendant le mois, on discutera: compétence linguistique actuelle de nos apprenants, approche pédagogique pour transformer notre travail collectif afin d’améliorer la compétence et la confiance surtout par rapport à tout ce qui touche l’oral, compréhension, interaction et production. Enfin, je proposerai un modèle qui vise une grande cohérence afin d’atteindre un objectif très précis c’est-à-dire le développement de bons B2.

 Mon parcours en quelques lignes. Je me considère encore comme un jeune homme du nord de l’Ontario qui travaille avec passion dans le monde de l’éducation depuis 1984. En 1986 j’ai commencé à enseigner l’histoire en immersion au palier secondaire à Ottawa. Depuis une dizaine d’années, ma passion s’est dirigée vers l’enseignement du français en situation d’immersion et de français-cadre. Depuis les cinq dernières années, je patauge dans les plates-bandes du conseil scolaire Ottawa-Carleton District School Board (OCDSB) et mon conseil scolaire en étroite collaboration avec le ministère de l’Éducation de l’Ontario chapeaute un immense projet d’envergure avec le Cadre européen commun de référence.

 Chez nous, à Ottawa, on s’est lancé dans l’aventure du DELF (diplôme d’études en langue française) depuis l’été 2009. Depuis ces premiers pas, notre équipe se compose maintenant de 6 formateurs et d’environ 300 correcteurs-examinateurs certifiés. On a testé depuis notre première session plus de 2300 élèves en 12e année dans le but premier d’apprendre et on a beaucoup appris sur l’état de l’immersion, ainsi que tous nos programmes en français langue seconde. Environ 60% des DELFs ont été obtenus au niveau B2, 30% au niveau B1 et un mince échantillon de 10% au A2. Personnellement, j’ai probablement participé à une cinquantaine d’entrevues en situation d’évaluation de production orale. Avec un regard sur toutes nos statistiques et toutes ces conversations, j’en suis arrivé à créer un portrait-robot de notre apprenant actuel. On a un apprenant au niveau B2 mais son développement demeure incomplet. L’élève typique en fin de parcours se montre supérieur dans ses compétences de compréhension par rapport à celles de production. En général, nos élèves réussissent plutôt bien que mal en compréhension malgré les craintes exprimées lors de sondage surtout par rapport à la compréhension orale. Par ailleurs, on note un grand manque de confiance dès que le discours entendu se produit en vitesse normale chez l’interlocuteur. On observe un sentiment d’incompétence, une grande anxiété malgré des résultats plutôt positifs. L’inquiétude est moins grande en lecture. En mode production alors c’est une autre réalité qui s’observe. Selon moi, on observe un niveau B1+ en mode d’interaction orale. Les élèves nous parlent avec facilité, spontanéité et une certaine fluidité.  Toutefois ce qui leur manque c’est un lexique beaucoup plus élaboré pour exprimer des pensées critiques et profondes. Il me semble aussi qu’il y a encore beaucoup à faire pour solidifier la syntaxe du discours. Des erreurs grossières se produisent encore et notre élève canadien au niveau B2 possède très peu de stratégies d’autocorrection. Il y a même un manque de conscience, voire fossilisation des erreurs, qui empêche une grande partie de nos apprenants à devenir de bons B2 à l’oral. Cinq ans après l’école secondaire, il est facile d’imaginer le scénario Facebook suivant: ‘Bonjour Monsieur Cousineau, sorry about my French but I don’t speak it anymore’.

 Alors, quoi faire? En Ontario, au ministère de l’Éducation, sous le leadership d’une équipe dévouée, on a entrepris une démarche à plusieurs niveaux. Tout d’abord, on est à la recherche de cohérence et de compréhension commune. Alors pour vous amener vers ce travail je vous propose d’aller visiter le site suivant et d’écouter la production orale au niveau B2. Angéla c’est l’élève d’immersion actuel. Elle est une jeune dame brillante, excellente étudiante et la qualité de son français se situe dans cette zone B1-B1+.

 http://www.curriculum.org/fsl/home

http://www.curriculum.org/storage/50/1373564725/PO_Example_6_B2.pdf

http://www.curriculum.org/fsl/projects/samples-of-student-oral-and-written-production-based-on-cefr-levels/dash/play/23278

 Le blogue va débuter sur ce tableau.

Dans un premier temps:  l’état actuel du développement linguistique de nos apprenants.Ensuite l’utilisation de ces ressources pour créer une compréhension commune chez les enseignants.Finalement une discussion sur des approches pédagogiques menant au développement de ces compétences et surtout de cette confiance manquante.

 Au plaisir de vous bloguer d’ici peu.

 Denis Cousineau

 

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Commentaires 8

Invité - Philippe Le Dorze le mercredi 8 janvier 2014 02:47

On procède avec le DELF chez nous au Manitoba dans quelques divisions scolaires et sommes là où vous étiez il y a quatre ans. Au plaisir de lire la suite, Denis ! Philippe

On procède avec le DELF chez nous au Manitoba dans quelques divisions scolaires et sommes là où vous étiez il y a quatre ans. Au plaisir de lire la suite, Denis ! Philippe
Invité - Denis Cousineau le jeudi 16 janvier 2014 02:08

Bravo le Manitoba et je vous souhaite beaucoup de succès. On a beaucoup appris et on continue à acquérir de plus en plus d'information sur nos apprenants grâce au DELF et je crois vraiment que cet outil va nous aider à améliorer la confiance à long terme de tous ces jeunes canadiens en immersion.

Bravo le Manitoba et je vous souhaite beaucoup de succès. On a beaucoup appris et on continue à acquérir de plus en plus d'information sur nos apprenants grâce au DELF et je crois vraiment que cet outil va nous aider à améliorer la confiance à long terme de tous ces jeunes canadiens en immersion.
Invité - Josée Clermont le lundi 20 janvier 2014 15:17

Parlant de confiance, nous avons quatre élèves de 11e année en immersion qui ont animé tout récemment une émission de radio en direct avec la radio locale, Radio Taiga. Ces élèves avaient reçu préalablement une formation en communication radio qui faisait partie de leur cours de français art langagier. On pouvait sentir leur nervosité, il faisait chaud dans le petit studio de radio ou ils étaient tous entassés, mais ils ont vaincu leurs démons!

Ce sont des activités comme celle-là qui augmentent la confiance de nos élèves. Leurs enseignants, plus conscients de créer des situations d'apprentissages authentiques grâce au DELF m'ont témoigné que le DELF avait changé leur façon d'enseigner. « Préparer les élèves pour le DELF a changé ma façon d’enseigner. Mes classes sont plus dynamiques et j’ai mis plus l’emphase sur la compréhension et l’expression orale. (Enseignant de 12e année).

Cet automne, nous avions un petit groupe d'élèves de 10e année de français de base qui a passé le DELF. On a remarqué que d'offrir le DELF commence à avoir un impact sur le niveau de français des élèves. Les résultats de ces élèves étaient beaucoup plus élevés que ceux des deux années précédentes.

Je travaille à Yellowknife dans les Territoires du Nord-Ouest. C’est la troisième année que nous offrons le DELF à nos élèves d’immersion de 12e et 8e année et aux élèves de français de base de 10e et 12e année. Même si la population étudiante dans les Territoires du Nord-Ouest est beaucoup plus petite que dans le reste des provinces canadiennes, il n'en reste pas moins que nous vivons des expériences semblables à celles du Sud. C'est comme si les TNO étaient un vrai petit laboratoire social pour observer certains phénomènes. Par exemple, comme pour en Ontario, nous avons constaté que le DELF augmente l'estime de soi de nos élèves, ils se sentent plus sûrs d'essayer leur français à l'extérieur de la salle de classe parce qu'ils se sont exercés à des situations authentiques en classe (et parfois à l'extérieur, comme mentionné ci-dessus).

Voici des témoignages de certains élèves de 12e année :
« Je pense que c’est une bonne façon de se lancer un défi, ça m’a rendu plus confiant en français”
 « C’était plus vrai que d’autres cours. C’est à propos de situations de la vie réelle et des choses que tu peux utiliser dans le monde!
 « J’étais stressé au début, mais c’était rassurant et je me suis sentie fière de mois d’avoir accompli quelque chose comme ça.”

De plus, nos enseignants du secondaire qui sont examinateurs remarquent bien les forces et les faiblesses de nos élèves. Une discussion est entamée entre enseignants du secondaire et ceux du primaire afin de combler les lacunes de nos élèves. Dans l’exercice de la création d’un plan stratégique, notre conseil scolaire a décidé d’implanter le Cadre européen de références pour les langues. Le DELF s’avère donc un outil essentiel qui nous informera pour planifier l’enseignement et le développement professionnel au cours des prochaines 5 années.

Josée

Parlant de confiance, nous avons quatre élèves de 11e année en immersion qui ont animé tout récemment une émission de radio en direct avec la radio locale, Radio Taiga. Ces élèves avaient reçu préalablement une formation en communication radio qui faisait partie de leur cours de français art langagier. On pouvait sentir leur nervosité, il faisait chaud dans le petit studio de radio ou ils étaient tous entassés, mais ils ont vaincu leurs démons! Ce sont des activités comme celle-là qui augmentent la confiance de nos élèves. Leurs enseignants, plus conscients de créer des situations d'apprentissages authentiques grâce au DELF m'ont témoigné que le DELF avait changé leur façon d'enseigner. « [i]Préparer les élèves pour le DELF a changé ma façon d’enseigner. Mes classes sont plus dynamiques et j’ai mis plus l’emphase sur la compréhension et l’expression orale.[/i] (Enseignant de 12e année). Cet automne, nous avions un petit groupe d'élèves de 10e année de français de base qui a passé le DELF. On a remarqué que d'offrir le DELF commence à avoir un impact sur le niveau de français des élèves. Les résultats de ces élèves étaient beaucoup plus élevés que ceux des deux années précédentes. Je travaille à Yellowknife dans les Territoires du Nord-Ouest. C’est la troisième année que nous offrons le DELF à nos élèves d’immersion de 12e et 8e année et aux élèves de français de base de 10e et 12e année. Même si la population étudiante dans les Territoires du Nord-Ouest est beaucoup plus petite que dans le reste des provinces canadiennes, il n'en reste pas moins que nous vivons des expériences semblables à celles du Sud. C'est comme si les TNO étaient un vrai petit laboratoire social pour observer certains phénomènes. Par exemple, comme pour en Ontario, nous avons constaté que le DELF augmente l'estime de soi de nos élèves, ils se sentent plus sûrs d'essayer leur français à l'extérieur de la salle de classe parce qu'ils se sont exercés à des situations authentiques en classe (et parfois à l'extérieur, comme mentionné ci-dessus). Voici des témoignages de certains élèves de 12e année :  [i]« Je pense que c’est une bonne façon de se lancer un défi, ça m’a rendu plus confiant en français” [/i]  « [i]C’était plus vrai que d’autres cours. C’est à propos de situations de la vie réelle et des choses que tu peux utiliser dans le monde![/i]”  «[i] J’étais stressé au début, mais c’était rassurant et je me suis sentie fière de mois d’avoir accompli quelque chose comme ça.”[/i] De plus, nos enseignants du secondaire qui sont examinateurs remarquent bien les forces et les faiblesses de nos élèves. Une discussion est entamée entre enseignants du secondaire et ceux du primaire afin de combler les lacunes de nos élèves. Dans l’exercice de la création d’un plan stratégique, notre conseil scolaire a décidé d’implanter le Cadre européen de références pour les langues. Le DELF s’avère donc un outil essentiel qui nous informera pour planifier l’enseignement et le développement professionnel au cours des prochaines 5 années. Josée
Invité - Denis Cousineau le lundi 20 janvier 2014 15:35

Merci Josée pour tous ces beaux témoignages. Tu as parfaitment raison lorsqu'on démontre que les expériences que nous offrons à nos élèves vont véritablement augmenter cette confiance et cette compétence. Ce qui est bien avec l'émission de radio, c'est l'authenticité de la situation. Il y aura auditoire donc nécessité pour le locuteur d'être précis et d'avoir une variété de lexique.
Ce que tu racontes aussi à propos de l'impact du DELF est vrai partout au pays. Il aide vraiment les enseignants à voir autrement. Larry Vandergrift de l'Université d'Ottawa parle du phénomène ''backwash'' où essentiellement on adapte la pédagogie suite aux demande du testing. Il est donc évident que plus on aura de succès avec le DELF et plus le CECR deviendra familier que nous travaillerons de façon plus cohérente à travers le pays. Ce qui est bien, c'est que ce sont nos élèves qui pourront en bénéficier.
Bravo au phénomène français au TNO

Merci Josée pour tous ces beaux témoignages. Tu as parfaitment raison lorsqu'on démontre que les expériences que nous offrons à nos élèves vont véritablement augmenter cette confiance et cette compétence. Ce qui est bien avec l'émission de radio, c'est l'authenticité de la situation. Il y aura auditoire donc nécessité pour le locuteur d'être précis et d'avoir une variété de lexique. Ce que tu racontes aussi à propos de l'impact du DELF est vrai partout au pays. Il aide vraiment les enseignants à voir autrement. Larry Vandergrift de l'Université d'Ottawa parle du phénomène ''backwash'' où essentiellement on adapte la pédagogie suite aux demande du testing. Il est donc évident que plus on aura de succès avec le DELF et plus le CECR deviendra familier que nous travaillerons de façon plus cohérente à travers le pays. Ce qui est bien, c'est que ce sont nos élèves qui pourront en bénéficier. Bravo au phénomène français au TNO
Invité - Chantal Bourbonnais le lundi 20 janvier 2014 20:35

Bonjour Denis,

Ce matin, j'ai reçu un appel d'une conseillère pédagogique d'un conseil scolaire francophone de Windsor. Penses-tu que le DELF est approprié pour le français langue maternelle? Ce sont des parents qui en ont fait la demande.

Bonjour Denis, Ce matin, j'ai reçu un appel d'une conseillère pédagogique d'un conseil scolaire francophone de Windsor. Penses-tu que le DELF est approprié pour le français langue maternelle? Ce sont des parents qui en ont fait la demande.
Invité - Denis Cousineau le mercredi 22 janvier 2014 15:50

Normalement le DELF est conçu pour évaluer l'apprentissage et le développement du français comme une langue seconde. Toutefois il y a des cas où il serait légitime pour des gens en langue maternelle de passer le DELF mais il faut quand même respecter une ertaine logique. Chez les francophones de langue maternelle, on s'inquiète probablement de la qualité de la langue. Le DELF n'a pas pour mission de mesurer la qualité mais plutôt de démontrer l'acquisition et les progrès atteints par nos élèves.
Cependant dans certaines régions du pays les francophones ont l'impression d'avoir un peu perdu leur langue. En Alberta par exemple, quelques francophones participent au DELF et le test semble redonner une fierté dans le français.
Il faut quand même percevoir ceci comme plutôt exceptionnel surtout si les deux parents sont francophones. Lorsque les familles sont mixtes au niveau de la langue et que le français n'est pas une langue d'usage à la maison alors le DELF devient un outil d'une grande valeur.

Normalement le DELF est conçu pour évaluer l'apprentissage et le développement du français comme une langue seconde. Toutefois il y a des cas où il serait légitime pour des gens en langue maternelle de passer le DELF mais il faut quand même respecter une ertaine logique. Chez les francophones de langue maternelle, on s'inquiète probablement de la qualité de la langue. Le DELF n'a pas pour mission de mesurer la qualité mais plutôt de démontrer l'acquisition et les progrès atteints par nos élèves. Cependant dans certaines régions du pays les francophones ont l'impression d'avoir un peu perdu leur langue. En Alberta par exemple, quelques francophones participent au DELF et le test semble redonner une fierté dans le français. Il faut quand même percevoir ceci comme plutôt exceptionnel surtout si les deux parents sont francophones. Lorsque les familles sont mixtes au niveau de la langue et que le français n'est pas une langue d'usage à la maison alors le DELF devient un outil d'une grande valeur.
Invité - Josée Clermont le vendredi 31 janvier 2014 04:46

Au nom de l’ACPI, merci beaucoup Denis d’avoir été notre blogueur du mois de janvier. A nos lecteurs, nous vous invitons à y laisser vos commentaires. Par sa vision, l’ACPI oriente la pédagogie immersive en inspirant un dialogue pédagogique. Nous sommes toujours heureux de dialoguer avec vous.

Josée Clermont

Au nom de l’ACPI, merci beaucoup Denis d’avoir été notre blogueur du mois de janvier. A nos lecteurs, nous vous invitons à y laisser vos commentaires. Par sa vision, l’ACPI oriente la pédagogie immersive en inspirant un dialogue pédagogique. Nous sommes toujours heureux de dialoguer avec vous. Josée Clermont
Invité - Denis Cousineau (website) le vendredi 31 janvier 2014 20:06

Merci Josée et bonne continuation à tous avec le DELF et le CECR.
Amicalement,
Denis

Merci Josée et bonne continuation à tous avec le DELF et le CECR. Amicalement, Denis
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dimanche 8 décembre 2019