Cet été, j’ai eu l’immense bonheur de participer à une formation intitulée Mobilisation jeunesse qui avait lieu à Moncton, au Nouveau-Brunswick, et qui était organisée par le Centre de la francophonie des Amériques. L’ACPI travaille d’ailleurs en partenariat avec le Centre pour organiser la 43e édition du Congrès national annuel de l’ACPI qui aura lieu à Québec du 7 au 9 novembre prochain.

Mobilisation jeunesse avait lieu du 14 au 17 août dernier. C’était une formation pratique et intensive en français qui se tenait en marge du Rendez-vous des villes francophones et francophiles d’Amérique et du Congrès mondial acadien. La formation abordait les thèmes de la francophonie, de l’engagement et du leadership. Nous étions 17 participants divisés en fonction de deux profils : Tourisme et Communication et médias. Pour ma part, je faisais partie du profil Communication et médias. 

Une expérience qui implique beaucoup d’inconnus

D’abord, j’étais sur un territoire inconnu, car c’est la première fois que je mettais les pieds à Moncton, une ville que j’ai trouvée absolument magnifique et tellement accueillante. Nous y étions pendant le Congrès mondial acadien alors la ville était très animée!

Ensuite, je vivais une expérience totalement inconnue, d’autant plus que c’est la toute première fois que le Centre de la francophonie des Amériques organisait ce genre de formation condensée en seulement quatre jours. Je dois d’ailleurs souligner le travail remarquable de toute l’équipe pour l’organisation impeccable.

Finalement, j’ai partagé mon séjour avec de purs inconnus : 17 personnes, entre 21 et 35 ans, venues des quatre coins de l’Amérique, passant par Buenos Aires en Argentine jusqu’au Yukon, au Canada. Parmi nous, la grande majorité vit en français en situation minoritaire. Un peu plus de la moitié avait la langue française comme langue maternelle et, pour la seconde moitié, c’était plutôt l’anglais, le créole ou l’espagnol. Quatre jours de formation en français, à travailler ensemble en français et à tisser des liens en français, on peut donc dire que, pour plusieurs, c’était une belle et réelle expérience d’immersion francophone!

 

 

L’insécurité

Je me suis liée d’amitié avec une participante qui n’a pas le français comme langue maternelle et qui m’a confié qu’elle avait été très nerveuse à l’approche de son départ pour la formation. Elle ne se sent pas elle-même et moins authentique lorsqu’elle parle français. Elle avait peur de ne pas être en mesure de tisser des liens avec les autres pour cette raison. « Je ne suis pas aussi cool en français », m’a-t-elle dit.

Son insécurité aurait pu influencer sa décision de participer à la formation.

Mais sortir de sa zone de confort et sauter pieds joints dans cette aventure lui a plutôt prouvé qu’elle avait fait le bon choix et qu’elle méritait sa place. Son français lui a permis de vivre une expérience unique où seulement 17 francophones dispersés partout en Amérique avaient été sélectionnés. Son français lui a permis de vivre une expérience professionnelle et personnelle incomparable. Son français lui a permis de découvrir la ville de Moncton, l’histoire des Acadiens, de participer au grand Tintamarre du 15 août, la fête nationale des Acadiens. Son français lui a permis de tisser des liens et de développer de belles amitiés avec d’autres francophones. Son français lui a finalement permis de constater que ses qualités profondes, celles qui font d’elle une personne exceptionnelle, sont présentes peu importe la langue dans laquelle elle s’exprime.

Bref, le français ouvre un monde de possibilités et cette expérience lui aura finalement prouvé qu’elle est aussi cool quand elle parle en français qu’en anglais.

Sortir de sa zone de confort

Être dans un contexte d’immersion c’est sortir d’une zone de confort. Je ressens beaucoup d’admiration pour les élèves d’immersion qui peuplent les écoles du Canada et qui sortent de leur zone de confort au quotidien. À mes yeux, c’est une preuve de courage indéfectible. S’ils se rendent compte que ce qu’ils font est admirable, imaginez les limites qu’ils ne s’imposeront PAS dans l’avenir et jusqu’où ils pourront aller! C’est très prometteur, tout ça!

En conclusion…

C’est un réel privilège d’avoir participé à cette formation Mobilisation jeunesse. Je savais que le français avait le pouvoir d’unir les gens, mais de le vivre de cette façon et d’être au cœur d’une si belle expérience, ça marque une vie. Je remercie le Centre de la francophonie des Amériques pour cette expérience mémorable. À voir la qualité des intervenants qui faisaient partie de la programmation de la formation, je suis impatiente de voir ce qu’il nous réserve pour « La Série des Amériques » lors du Congrès de l’ACPI 2019 en novembre prochain!