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J'ai grandi en immersion et j'ai décidé d'y enseigner

Je suis une ancienne élève de l’immersion tardive de la Colombie Britannique et maintenant j’enseigne au niveau secondaire dans le programme ici dans ma province natale.  Cette semaine, j’ai discuté avec mes élèves de 11e année de la Loi sur le Bilinguisme de Trudeau et du début de l’immersion française au Canada. Cela m’a amenée à réfléchir au programme : son but était de créer une valorisation de la langue française à travers le pays. Ce but est-il réalisé aujourd’hui?

Je vois dans mes classes une grande différence de vision et d’expériences chez mes élèves : ceux qui (comme moi-même à leur âge) adorent le français et veulent le poursuivre dans leurs études post-secondaires; ensuite ceux qui croient que l’immersion les aidera mais ne savent pas exactement comment et finalement ceux qui se forcent de rester dans le programme parce que rendus au secondaire, ils veulent le finir.

En tant que professeurs d’immersion je pense que nos buts avec le programme sont clairs : nous visons à partager avec nos élèves la culture française et notre passion pour la langue. Je passe mes soirées à trouver des ressources en français, à lire l’actualité en français et à penser aux moyens d’intéresser mes élèves au monde francophone. De plus, les atouts académiques du programme sont clairs. Nos classes sont souvent plus petites, nos élèves ont souvent de meilleures notes que leurs camarades unilingues et ils sont souvent les élèves très motivés. Mais à mon avis, le risque dans le programme d’immersion aujourd’hui est qu’il devient non pas un moyen de valoriser la langue française, mais de plutôt un moyen de diviser nos élèves dans ce que plusieurs parents et professionnels appellent « un programme privé au cœur de l’école publique ».

Enseignant dans les écoles comme nouvelle professeure, je crois que le plus grand défi de l’immersion dans un milieu anglophone est de vraiment arriver à atteindre nos buts: de partager avec nos élèves cette culture qu’on adore. De leur montrer que le français est vivant et dynamique et n’est pas limité ni aux manuels de grammaire, ni à Québec ou à Paris, ni aux baguettes ou aux bérets. De leur montrer que cette langue peut être un élément vivant et important dans notre vie quotidienne, même quand on ne l’entend pas à chaque jour dans les rues.

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How placing our children in French Immersion has i...
L'album illustré et la classe d'immersion
 

Commentaires 4

Invité - sara le mercredi 7 février 2018 01:02

Bonjour Laura,

tout d'abord, je suis bien heureuse d'apprendre que vos élèves en immersion sont très motivés et qu'ils ont de bons résultats scolaires. Je suis d'accord avec vous que ce genre de programme peut engendrer des divisions au sein des élèves d'une même école. Dans le cas de programme d'immersion à l'intérieur d'écoles anglaises, je pense que les enseignants d'immersion peuvent s'adresser en français à tous les élèves en disant "bonjour" lorsqu'ils les croisent dans le couloir, par exemple. Cela peut transmettre l'idée que le français s'adresse à tous. De plus, je confirme que le plus important est que les enseignants partagent avec leurs élèves leur passion pour la langue. J'ai étudié les langues durant deux ans et les cours que j'ai le plus appréciés sont ceux où les enseignants avaient l'air le plus passionnés.

Bonjour Laura, tout d'abord, je suis bien heureuse d'apprendre que vos élèves en immersion sont très motivés et qu'ils ont de bons résultats scolaires. Je suis d'accord avec vous que ce genre de programme peut engendrer des divisions au sein des élèves d'une même école. Dans le cas de programme d'immersion à l'intérieur d'écoles anglaises, je pense que les enseignants d'immersion peuvent s'adresser en français à tous les élèves en disant "bonjour" lorsqu'ils les croisent dans le couloir, par exemple. Cela peut transmettre l'idée que le français s'adresse à tous. De plus, je confirme que le plus important est que les enseignants partagent avec leurs élèves leur passion pour la langue. J'ai étudié les langues durant deux ans et les cours que j'ai le plus appréciés sont ceux où les enseignants avaient l'air le plus passionnés.
Invité - Gabrielle le mercredi 7 février 2018 19:04

Bonjour, je trouve très intéressant de vous lire, de savoir qu’une personne a tellement aimé son expérience en immersion qu’elle a décidé de faire carrière pour enseigner sa langue d’immersion : le français. Je viens de la province de Québec et j’ai eu l’occasion de faire un stage dans une école d’immersion anglais; donc le contraire un peu de ce que toi tu as vécu. Pourtant je n’y ai remarqué aucune référence à la culture anglophone ou anglaise; mais c’est quoi au juste la culture anglophone et la culture francophone par le fait même. J’aimerais savoir comment, dans une province anglophone, la culture francophone peut être partagée. Oui l’amour pour une langue se partage et se montre, mais pour sa culture, je me suis toujours étonnée de voir à quel point, dans les milieux d’immersion, petits ou grands, on s’efforce de séparer la culture francophone et anglophone canadienne. Par contre, je peux vous dire que moi-même étant bilingue et ayant appris l’anglais par moi-même, il y a un gros facteur individuel dans l’apprentissage d’une langue. Bonne chance et merci d’enseigner le français à l’autre bout du Canada.

Bonjour, je trouve très intéressant de vous lire, de savoir qu’une personne a tellement aimé son expérience en immersion qu’elle a décidé de faire carrière pour enseigner sa langue d’immersion : le français. Je viens de la province de Québec et j’ai eu l’occasion de faire un stage dans une école d’immersion anglais; donc le contraire un peu de ce que toi tu as vécu. Pourtant je n’y ai remarqué aucune référence à la culture anglophone ou anglaise; mais c’est quoi au juste la culture anglophone et la culture francophone par le fait même. J’aimerais savoir comment, dans une province anglophone, la culture francophone peut être partagée. Oui l’amour pour une langue se partage et se montre, mais pour sa culture, je me suis toujours étonnée de voir à quel point, dans les milieux d’immersion, petits ou grands, on s’efforce de séparer la culture francophone et anglophone canadienne. Par contre, je peux vous dire que moi-même étant bilingue et ayant appris l’anglais par moi-même, il y a un gros facteur individuel dans l’apprentissage d’une langue. Bonne chance et merci d’enseigner le français à l’autre bout du Canada.
Invité - Jessika le mercredi 7 février 2018 22:05

Bonjour,
Je trouve que vous faites un portrait très réaliste de l’enseignement en programme d’immersion. Étant étudiante enseignement du français langue seconde présentement, lorsque le programme d’immersion nous est présenté dans nos cours, nous voyons ce programme comme quelque chose de beau et facile puisque les élèves sont motivés et souvent très bons à l’école. Toutefois, nous n’entendons pas souvent dire que la plupart de ces élèves ne savent pas comment utiliser la langue qu’ils apprennent à l’école en dehors de la classe. Il est vrai, à mon avis, qu’il faut apprendre à partager notre belle culture francophone avec nos élèves et leur montrer qu’eux aussi en font partie. Nos élèves doivent comprendre que le français relève de plus que la lecture de grammaire qu’ils font lors de leurs devoirs.
Merci pour votre partage.

Bonjour, Je trouve que vous faites un portrait très réaliste de l’enseignement en programme d’immersion. Étant étudiante enseignement du français langue seconde présentement, lorsque le programme d’immersion nous est présenté dans nos cours, nous voyons ce programme comme quelque chose de beau et facile puisque les élèves sont motivés et souvent très bons à l’école. Toutefois, nous n’entendons pas souvent dire que la plupart de ces élèves ne savent pas comment utiliser la langue qu’ils apprennent à l’école en dehors de la classe. Il est vrai, à mon avis, qu’il faut apprendre à partager notre belle culture francophone avec nos élèves et leur montrer qu’eux aussi en font partie. Nos élèves doivent comprendre que le français relève de plus que la lecture de grammaire qu’ils font lors de leurs devoirs. Merci pour votre partage.
Invité - Julia Donier le jeudi 8 février 2018 15:05

Bonjour,

Je suis étudiante française et je trouve le système d'immersion au Canada vraiment très intéressant notamment pour les conditions privilégiées que vous abordez (effectif réduit principalement). Cependant pour ce qui concerne la culture et l'amour du français, je pense que cela devrait être le travail de n'importe quel enseignant en langue étrangère qu'importe le programme dans lequel il enseigne. En tout cas, la culture et l'amour de ma langue maternelle est la raison principale pour laquelle j'étudie actuellement pour devenir enseignante de FLE ou FLS, et c'est toujours encourageant de lire des témoignages d'enseignants qui partagent cette raison et qui sont accomplis et épanouis dans leurs professions.

Bonjour, Je suis étudiante française et je trouve le système d'immersion au Canada vraiment très intéressant notamment pour les conditions privilégiées que vous abordez (effectif réduit principalement). Cependant pour ce qui concerne la culture et l'amour du français, je pense que cela devrait être le travail de n'importe quel enseignant en langue étrangère qu'importe le programme dans lequel il enseigne. En tout cas, la culture et l'amour de ma langue maternelle est la raison principale pour laquelle j'étudie actuellement pour devenir enseignante de FLE ou FLS, et c'est toujours encourageant de lire des témoignages d'enseignants qui partagent cette raison et qui sont accomplis et épanouis dans leurs professions.
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Invité
jeudi 5 décembre 2019