Technophobe, technophile, ou technoréfléchi, vous dites?

Ce billet a pour but de vous amener à réfléchir sur la présence des technologies dans la salle de classe en immersion. Il vise aussi à vous faire réfléchir… êtes-vous un technophile pour qui les technologies ont la réponse à tous les défis rencontrés en contexte scolaire? Êtes-vous plutôt du genre technophobe, qui pense que les technologies n’ont pas leur place à l’école, et qu’il est encore possible d’apprendre sans les technologies, en 2013? Moi, je vous suggère d’opter pour le profil des technoréfléchis.


Les technoréfléchis, c’est quoi, c’est qui? Ce sont des personnes qui ont compris que les technologies sont à l’école non pas pour permettre aux élèves de s’amuser, mais bien pour apprendre… Fini le temps où l’on peut aller « jouer » à l’ordinateur parce que son travail de français ou d’histoire est terminé. Que nenni!

Les technologies – il faut se le dire – sont là pour faire apprendre, et non pas pour s’amuser, surtout que les gens en abusent beaucoup en dehors de l’école, à des fins ludiques. Les technoréfléchis, ce sont aussi des personnes qui ont compris – et les nombreux travaux de recherche que mon équipe et moi avons menés depuis quelques années nous l’ont montré – que les technologies peuvent réellement aider les élèves à apprendre, le français ou toute autre matière, à condition d’en faire bon usage. Autrement dit, les technoréfléchis ont compris que les technologies possèdent un immense potentiel pour participer à la réussite scolaire des élèves, pour contribuer à leur apprentissage, pour faciliter l’enseignement.

Mais dans tous ces contextes, même si les technologies ont un potentiel, c’est plutôt la manière dont elles sont mises en place par l’enseignant qui compte. À ce titre, l’enjeu actuel de l’usage des technologies en immersion consiste en grande partie à savoir comment rendre effectif leur potentiel pédagogique. Lors de précédents travaux de recherche, on a parfois cru que la simple présence des technologies en classe favorisait l’engagement des élèves. Ce n’est qu’en partie vrai. Car si l’usage n’est pas adéquat, soit l’engagement diminuera, soit les élèves auront du plaisir, mais ils n’apprendront rien. Ce constat est d’une importance capitale. L’intégration des technologies de l’information et de la communication en contexte scolaire doit s’arrimer pleinement à la mission de l’école : instruire, socialiser, qualifier. La finalité de l’éducation ne doit pas changer à cause des technologies; seule la façon de faire se transformera. Cela, de nombreux enseignants technophiles l’oublient parfois.

Les technologies ne sont pas juste là pour amuser, pour rendre plus beau, pour socialiser. Elles sont avant tout là pour que l’on exploite leur potentiel pédagogique ou éducatif. Et vous, qui êtes-vous? Des technophiles, des technophobes… ou des technoréfléchis?

 

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Faire bien communiquer la culture, c’est pouvoir v...
 

Commentaires 3

Invité - Philippe Le Dorze le jeudi 4 avril 2013 18:58

Bonjour Thierry,
Un plaisir de te lire! Voici quelques questions que je me pose...
Quel rôle vois-tu pour les réseaux sociaux en appui à la notion d'éducateur technoréfléchis? Comment éduquer et tweeter? Comment encourager les éducateurs dans leur devenir technoréfléchis alors que les plateformes, les applications, les ressources technologiques déferlent à un rythme croissant dans le milieu éducatif?

Bonjour Thierry, Un plaisir de te lire! Voici quelques questions que je me pose... Quel rôle vois-tu pour les réseaux sociaux en appui à la notion d'éducateur technoréfléchis? Comment éduquer et tweeter? Comment encourager les éducateurs dans leur devenir technoréfléchis alors que les plateformes, les applications, les ressources technologiques déferlent à un rythme croissant dans le milieu éducatif?
Invité - Christian Méthot le mercredi 24 avril 2013 19:42

Une chose est sûre, très peu d'élèves sont technoréfléchis; c'est à l'enseignant de les amener vers une plus grande autonomie en matière de technologies éducatives. J'ai quelques élèves qui, par eux-mêmes, traduiront des mots, se serviront du dictaphone, de la calculette ou encore utiliseront wikipédia et autres références électroniques pour s'éclairer sur certains aspects de la théorie qu'ils comprennent mois bien.

À la commission scolaire YCS de Yellowknife, nous avons eu, cette année, la chance d'être formés à utiliser la technologie (iPad) pour améliorer la pratique de l'oral dans la salle de classe (entre autres choses par des vidéos qui permettent une rétroaction et une métacognition de l'élève sur sa propre production).

Je crois fermement que ce n'est pas par l'effort individuel de quelques profs technophiles, mais bien par la conjugaison de celui des équipe-écoles, des commissions scolaires et du ministère de l'Éducation que s'effectuera un changement profond de l'utilisation des technologies en classe. À quand une école 2.0 où chaque élève aurait accès à un réseau et à une interface interactive commune à tout l'établissement à partir de son téléphone ou de sa tablette. On peut bien rêver; lors de mon stage IV, l'an dernier, j'ai dû utiliser un rétroprojecteur...

Une chose est sûre, très peu d'élèves sont technoréfléchis; c'est à l'enseignant de les amener vers une plus grande autonomie en matière de technologies éducatives. J'ai quelques élèves qui, par eux-mêmes, traduiront des mots, se serviront du dictaphone, de la calculette ou encore utiliseront wikipédia et autres références électroniques pour s'éclairer sur certains aspects de la théorie qu'ils comprennent mois bien. À la commission scolaire YCS de Yellowknife, nous avons eu, cette année, la chance d'être formés à utiliser la technologie (iPad) pour améliorer la pratique de l'oral dans la salle de classe (entre autres choses par des vidéos qui permettent une rétroaction et une métacognition de l'élève sur sa propre production). Je crois fermement que ce n'est pas par l'effort individuel de quelques profs technophiles, mais bien par la conjugaison de celui des équipe-écoles, des commissions scolaires et du ministère de l'Éducation que s'effectuera un changement profond de l'utilisation des technologies en classe. À quand une école 2.0 où chaque élève aurait accès à un réseau et à une interface interactive commune à tout l'établissement à partir de son téléphone ou de sa tablette. On peut bien rêver; lors de mon stage IV, l'an dernier, j'ai dû utiliser un rétroprojecteur...
Invité - Thierry KARSENTI le lundi 29 avril 2013 20:28

C'est réellement la conjugaison des efforts de nombreux acteurs éducatifs qui pourra, éventuellement, participer à de meilleurs apprentissages chez les élèves. Bravo pour vos initiatives. Et au plaisir de collaborer un jour.

C'est réellement la conjugaison des efforts de nombreux acteurs éducatifs qui pourra, éventuellement, participer à de meilleurs apprentissages chez les élèves. Bravo pour vos initiatives. Et au plaisir de collaborer un jour.
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dimanche 19 novembre 2017