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L’immersion : est-ce pour les élèves en difficulté?

Alors que la majorité des programmes d’immersion française sont en pleine et continuelle expansion, une expansion souvent stoppée non pas par le manque de candidats au programme mais bien par le manque de personnel formé, la question de l’intégration et de l’inclusion qui se pose.  Mon commentaire portera sur cette notion d’inclusion et sa réalité, actuelle et en devenir en immersion.

Que ce soit par le biais des conseils scolaires cherchant à recruter plus d’élèves ou par la voix d’associations comme Canadian Parents for French qui appuient et encouragent l’expansion des programmes d’immersion et cherchent à favoriser l’apprentissage du français, nous continuons à assister à une recrudescence de ces programmes et aussi à une meilleure rétention des élèves dans ces programmes. Une partie de cette rétention d’élèves s’explique par le fait que ceux ayant des difficultés, qu’elles soient d’apprentissage ou de comportement, émotives ou autres, ne sont plus aussi systématiquement transférés au programme anglais. Nous assistons depuis cinq ou dix ans à une meilleure inclusion de ces élèves. Des services d’orthopédagogie en français ont été initiés et continuent à faire leur apparition dans plusieurs conseils scolaires. De plus en plus d’élèves sont évalués en psychologie scolaire en français, reçoivent une désignation (ou reconnaissance formelle d’un trouble d’apprentissage) et demeurent en immersion. De plus, vous n’avez qu’à regarder autour de vous pour voir que plusieurs élèves ayant l’autisme, des troubles de la santé ou des troubles du comportement font partie de votre salle classe. C’est un changement important quand on pense que les programmes d’immersion avaient si longtemps été perçus comme élitistes, ne s’adressant qu’à une minorité qui ne connaissait pas de difficulté.

Comment alors s’adapter à cette réalité alors que le mot d’ordre de la plupart des ministères de l’Éducation (et donc par extension les conseils scolaires) est le manque de ressources. Vous me direz que ce n’est pas comme si nous avions trop de ressources disponibles en français ou même que ce message est nouveau. Nous faisons probablement face aux mêmes défis, financiers, mais surtout d’apprentissage, un peu partout au Canada. L’intégration et la rétention des élèves en difficulté passent nécessairement par le développement et l’accès à plus de ressources, même si ce n’est que d’essayer d’avoir l’équivalent de ce qui est disponible dans les écoles anglophones qui ne se plaignent certainement pas de surplus elles non plus.

Pour avoir plus de ressources il faut d’abord maximiser celles qui sont déjà disponibles. J’ai eu la chance de travailler avec plusieurs conseils scolaires à travers le Canada et de constater que des ressources disponibles en Alberta ne le sont pas au Manitoba et ainsi de suite d’une province ou territoire à un autre. Le partage est donc essentiel… mais pas suffisant. Il faut penser à collaborer au développement d’autres outils, d’évaluation ou d’intervention sinon d’enseignement.

À une époque où l’on reconnaît les différences sous plusieurs formes, il nous appartient de favoriser l’intégration, assurant ainsi la croissance de nos programmes et la reconnaissance de leur côté de plus en plus universel. La richesse du bilinguisme et celle de la connaissance du français ne sont plus à démontrer. Pourquoi ne pas l’offrir à tous?

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Commentaires 11

Omeran le mercredi 2 novembre 2016 16:34

Je trés content de lire ce texte qui m'a énormément à comprendre la notion de l'immersion.

Je trés content de lire ce texte qui m'a énormément à comprendre la notion de l'immersion.
Invité - Joëlle le vendredi 2 février 2018 20:58

Je suis bien d'accord avec votre article. Selon moi, tous devraient avoir droit à l'éducation en immersion, mais les ressources manquent cruellement. Je ne comprends pas qu'avec toutes les personnes diplômées en éducation spécialisée, il n'y en ai qu'une par classe, si l'enseignant est chanceux. Il faudrait d'ailleurs d'avantage utiliser les ressources informatiques qui nous sont tellement accessibles afin de trouver d'enseigner différemment. De plus, si je me fie à une amie qui enseigne au Mexique, je crois que l'enseignement en duo peut-être favorable. Là-bas, les jeunes en immersion ont deux enseignantes et la direction de l'école s'assure de jumeler des enseignants/es avec des personnalités/forces complémentaires. Ce doit être un défi de s'adapter au départ, mais ça doit être bénéfique non seulement pour les élèves, mais aussi pour les enseignants qui n'ont pas à se diviser en 20.

Je suis bien d'accord avec votre article. Selon moi, tous devraient avoir droit à l'éducation en immersion, mais les ressources manquent cruellement. Je ne comprends pas qu'avec toutes les personnes diplômées en éducation spécialisée, il n'y en ai qu'une par classe, si l'enseignant est chanceux. Il faudrait d'ailleurs d'avantage utiliser les ressources informatiques qui nous sont tellement accessibles afin de trouver d'enseigner différemment. De plus, si je me fie à une amie qui enseigne au Mexique, je crois que l'enseignement en duo peut-être favorable. Là-bas, les jeunes en immersion ont deux enseignantes et la direction de l'école s'assure de jumeler des enseignants/es avec des personnalités/forces complémentaires. Ce doit être un défi de s'adapter au départ, mais ça doit être bénéfique non seulement pour les élèves, mais aussi pour les enseignants qui n'ont pas à se diviser en 20.
Invité - Thérèse Mbousnoum le lundi 5 février 2018 04:05

Je pensais que le programme d'immersion était fait pour certains enfants, des enfants avec des potentialités exceptionnelle. Mais non c'est un programme, dans lequel les notions d'intégration et d'inclusion sont très présents.

Je pensais que le programme d'immersion était fait pour certains enfants, des enfants avec des potentialités exceptionnelle. Mais non c'est un programme, dans lequel les notions d'intégration et d'inclusion sont très présents.
Invité - Gabrielle le lundi 5 février 2018 19:08

Il est intéressant de lire à propos de l'immersion propice à tous les élèves, car comme vous le mentionnez, nous avons tendance à penser que l'immersion est un programme élitiste qui ne s'oriente que vers un public ciblé. Or, ce n'est pas le cas : tous peuvent tirer des bienfaits d'un programme d'immersion et du bilinguisme qu'ils peuvent aller chercher. Qui plus est, les ressources disponibles dans les écoles ne peuvent que faciliter leur intégration. J'espère en apprendre davantage sur la façon dont les ressources pourraient être augmentées et maximisées en contexte d'immersion!

Il est intéressant de lire à propos de l'immersion propice à tous les élèves, car comme vous le mentionnez, nous avons tendance à penser que l'immersion est un programme élitiste qui ne s'oriente que vers un public ciblé. Or, ce n'est pas le cas : tous peuvent tirer des bienfaits d'un programme d'immersion et du bilinguisme qu'ils peuvent aller chercher. Qui plus est, les ressources disponibles dans les écoles ne peuvent que faciliter leur intégration. J'espère en apprendre davantage sur la façon dont les ressources pourraient être augmentées et maximisées en contexte d'immersion!
Invité - Annie le lundi 5 février 2018 20:08

Cette nouvelle vision, soit l’inclusion, permet à chaque élève de profiter positivement des nouveaux outils, qu’il soit en difficulté ou non. Je travaille au niveau collégial et ce principe d’inclusion est au cœur des discussions présentement. On ne cherche plus seulement à intégrer les étudiants, mais bien à les inclure à la classe. Ce qui est bon pour un étudiant en difficulté peut aussi être bon pour n’importe quel étudiant. Tout le monde s’en trouve gagnant. C’est là la beauté de l’inclusion.

Cette nouvelle vision, soit l’inclusion, permet à chaque élève de profiter positivement des nouveaux outils, qu’il soit en difficulté ou non. Je travaille au niveau collégial et ce principe d’inclusion est au cœur des discussions présentement. On ne cherche plus seulement à intégrer les étudiants, mais bien à les inclure à la classe. Ce qui est bon pour un étudiant en difficulté peut aussi être bon pour n’importe quel étudiant. Tout le monde s’en trouve gagnant. C’est là la beauté de l’inclusion.
Invité - Colombe le lundi 5 février 2018 20:12

Bonjour,
Ayant déjà travaillé auprès d'élèves en difficulté d'apprentissage, je me suis sentie particulièrement interpellée par votre article. Il est vrai que si l'on considère que l'immersion est une richesse pour les uns, nous devrions tout mettre en œuvre afin de pouvoir l'offrir également «aux autres». Je suis heureuse de voir qu'il y a déjà des pas qui se font en ce sens.

Bonjour, Ayant déjà travaillé auprès d'élèves en difficulté d'apprentissage, je me suis sentie particulièrement interpellée par votre article. Il est vrai que si l'on considère que l'immersion est une richesse pour les uns, nous devrions tout mettre en œuvre afin de pouvoir l'offrir également «aux autres». Je suis heureuse de voir qu'il y a déjà des pas qui se font en ce sens.
Invité - Daniela Roy le lundi 5 février 2018 21:22

Très intéressant! D'autant plus que les élèves ayant des difficultés d'apprentissage peuvent aussi bénéficier de certains avantages en étant dans une classe d’immersion. En voici quelques exemples : il peut développer une certaine fierté et confiance par le fait de devenir bilingue, il peut aussi éprouver un sentiment de succès et en passant par le contenu du cours pour apprendre la langue, l’élève avec des difficultés d’apprentissage peut apprendre mieux. (Immersion en français au Canada, p.44)

Très intéressant! D'autant plus que les élèves ayant des difficultés d'apprentissage peuvent aussi bénéficier de certains avantages en étant dans une classe d’immersion. En voici quelques exemples : il peut développer une certaine fierté et confiance par le fait de devenir bilingue, il peut aussi éprouver un sentiment de succès et en passant par le contenu du cours pour apprendre la langue, l’élève avec des difficultés d’apprentissage peut apprendre mieux. (Immersion en français au Canada, p.44)
Invité - Caroline le mardi 6 février 2018 19:45

Bonjour Monsieur Lacroix,

D'abord, je partage votre avis concernant l'intégration d'élèves en difficulté dans les programmes d'immersion. Tout le monde devrait y avoir accès. D'ailleurs, c'est ce que nous pouvons lire dans le guide L'immersion en français au Canada: "L'immersion est ouverte à tous." (p.6)
Par la suite, je suis ravie de voir que de plus en plus d'élèves qui présentent des difficultés d'apprentissage et/ou de comportements soient intégrés à des programmes d'immersion. Personnellement, je crois c'est la motivation et l'intérêt d'un élève à apprendre le français qui doivent être priorisés et non ses difficultés, peu importe la nature. Je crois aussi que la force d'un programme d'immersion est le fait de pouvoir s'adapter face à ce type de défi et de permettre aux élèves présentant des difficultés d'avoir accès à des services spécialisés notamment l'orthopédagogie.
Bien entendu, comme vous l'avez mentionné, les ressources se font parfois plus rares, surtout dans un milieu où l'anglais est la langue première. Cependant, tout comme vous, je soutiens que de maximiser les ressources déjà mises en place est un bon début. C'est en exploitant et explorant ces ressources de différentes manières que nous pourrons en profiter au maximum. De plus, cela ne peut pas nuire de partager nos savoirs à ce sujet avec les autres provinces. Au contraire, nous pourrons ainsi trouver de nouvelles manières de s'adapter.

Bonjour Monsieur Lacroix, D'abord, je partage votre avis concernant l'intégration d'élèves en difficulté dans les programmes d'immersion. Tout le monde devrait y avoir accès. D'ailleurs, c'est ce que nous pouvons lire dans le guide [i]L'immersion en français au Canada[/i]: "L'immersion est ouverte à tous." (p.6) Par la suite, je suis ravie de voir que de plus en plus d'élèves qui présentent des difficultés d'apprentissage et/ou de comportements soient intégrés à des programmes d'immersion. Personnellement, je crois c'est la motivation et l'intérêt d'un élève à apprendre le français qui doivent être priorisés et non ses difficultés, peu importe la nature. Je crois aussi que la force d'un programme d'immersion est le fait de pouvoir s'adapter face à ce type de défi et de permettre aux élèves présentant des difficultés d'avoir accès à des services spécialisés notamment l'orthopédagogie. Bien entendu, comme vous l'avez mentionné, les ressources se font parfois plus rares, surtout dans un milieu où l'anglais est la langue première. Cependant, tout comme vous, je soutiens que de maximiser les ressources déjà mises en place est un bon début. C'est en exploitant et explorant ces ressources de différentes manières que nous pourrons en profiter au maximum. De plus, cela ne peut pas nuire de partager nos savoirs à ce sujet avec les autres provinces. Au contraire, nous pourrons ainsi trouver de nouvelles manières de s'adapter.
Invité - Laurye le mercredi 7 février 2018 04:55

Il est très intéressant de lire votre article puisqu'il permet d'ouvrir son esprit quant aux nouvelles réalités qui se présentent à nous. Je prends par exemple ma propre expérience en immersion anglaise lorsque j'étais au primaire et au secondaire - qui n'était en fait qu'un programme enrichi - où seuls les élèves élites avaient une chance d'être admis, où les élèves qui ne performaient pas assez se voyaient retirés du programme, où les professeurs d'anglais régulier étaient jaloux de ceux qui enseignaient l'enrichi, puisque ces derniers avaient "la crème de la crème" comme élèves. Je suis heureuse de voir que les élèves en difficulté ont désormais la chance d'être bilingues. J'ai confiance que le programme d'immersion pourra les aider avec leur trouble de comportement.

Il est très intéressant de lire votre article puisqu'il permet d'ouvrir son esprit quant aux nouvelles réalités qui se présentent à nous. Je prends par exemple ma propre expérience en immersion anglaise lorsque j'étais au primaire et au secondaire - qui n'était en fait qu'un programme enrichi - où seuls les élèves élites avaient une chance d'être admis, où les élèves qui ne performaient pas assez se voyaient retirés du programme, où les professeurs d'anglais régulier étaient jaloux de ceux qui enseignaient l'enrichi, puisque ces derniers avaient "la crème de la crème" comme élèves. Je suis heureuse de voir que les élèves en difficulté ont désormais la chance d'être bilingues. J'ai confiance que le programme d'immersion pourra les aider avec leur trouble de comportement.
Invité - Isabelle le mercredi 7 février 2018 19:54

Bonjour!
Ce texte est très pertinent. Il est vraiment intéressant de remarquer qu'il y a une augmentation considérable des jeunes en difficulté dans les classes d'immersion française. On espère que cela continuera ainsi, mais il est en effet important d'obtenir les ressources nécessaire à cette belle évolution.

Bonjour! Ce texte est très pertinent. Il est vraiment intéressant de remarquer qu'il y a une augmentation considérable des jeunes en difficulté dans les classes d'immersion française. On espère que cela continuera ainsi, mais il est en effet important d'obtenir les ressources nécessaire à cette belle évolution.
Invité - Jérémie Miller le jeudi 8 février 2018 18:49

La rétention des élèves en difficulté d'apprentissage est une excellente nouvelle. Depuis maintenant près de 40 ans, l'inclusion des élèves en difficulté d'apprentissage dans les programmes d'immersion est reconnue comme viable à la condition que les ressources nécessaires à leur réussite soient mises à leur disposition. Bruck est arrivée à cette conclusion et a noté que le transfert vers le programme anglais peut être néfaste pour l'estime personnelle en induisant un sentiment d'échec chez les élèves qui ont choisi de transférer [Bruck (1978a, 1978b, 1985a, 1985b) et Wiss (1989) en sont arrivés à cette conclusion]. Avec l'effort d'inclusion des élèves en difficultés d'apprentissage dans les classe régulières qui est en cours, les classes d'immersion ne sauraient être en reste, mais il n'en demeure pas moins que le message aura pris près de 30 ans à être entendu et appliqué!
Merci pour ce billet qui pousse la réflexion en ce sens.

La rétention des élèves en difficulté d'apprentissage est une excellente nouvelle. Depuis maintenant près de 40 ans, l'inclusion des élèves en difficulté d'apprentissage dans les programmes d'immersion est reconnue comme viable à la condition que les ressources nécessaires à leur réussite soient mises à leur disposition. Bruck est arrivée à cette conclusion et a noté que le transfert vers le programme anglais peut être néfaste pour l'estime personnelle en induisant un sentiment d'échec chez les élèves qui ont choisi de transférer [Bruck (1978a, 1978b, 1985a, 1985b) et Wiss (1989) en sont arrivés à cette conclusion]. Avec l'effort d'inclusion des élèves en difficultés d'apprentissage dans les classe régulières qui est en cours, les classes d'immersion ne sauraient être en reste, mais il n'en demeure pas moins que le message aura pris près de 30 ans à être entendu et appliqué! Merci pour ce billet qui pousse la réflexion en ce sens.
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Invité
mardi 22 janvier 2019